
J'ai longtemps cru qu'il fallait devenir quelqu'un pour avoir de la valeur.
Et pour devenir quelqu'un, il semblait y avoir quelques règles à suivre.
Réussir. Bien faire. Faire des efforts. Être utile. Penser aux autres. Ne pas trop prendre de place. Éviter de se tromper. Et surtout, faire attention à ce que les autres pourraient penser.
Dès mon plus jeune âge, j'avais aussi intégré qu'il existait une certaine manière de faire les choses, une voie considérée comme la bonne.
Et que, même lorsque cette voie était difficile ou contraignante, il fallait s'adapter, faire des efforts, tenir bon. Après tout, on ne fait pas toujours ce qu'on veut dans la vie.
Et en même temps, quelque chose en moi aspirait profondément à vivre autrement : avec plus de joie, de spontanéité, de liberté, de fluidité, de magie, d'expression et de connexion.
Cette tension entre ce que je pensais devoir être ou faire et ce qui m'animait profondément m'a longtemps accompagnée.
Apprendre très tôt « à bien faire »
Petite, j'étais une bonne élève, souvent parmi les premières. Mais je ne me souviens pas avoir vécu cette réussite avec insouciance.
L'école avait beaucoup d'importance et je pouvais ressentir une forte anxiété à l'idée de ne pas savoir, de me tromper ou de ne pas réussir.
J'aimais apprendre, être félicitée et rendre mes parents fiers. Mais derrière les bons résultats, il y avait aussi beaucoup d'application, d'efforts et cette envie de toujours faire de mon mieux.
Peu à peu, j'ai probablement commencé à confondre ce que je réussissais avec ce que je valais. Et, inversement, lorsque je n'y arrivais pas, je pouvais très vite douter de moi.
Face à la difficulté, j'avais pourtant appris à réagir de deux manières différentes. À l'école et dans les études, il fallait continuer, travailler davantage, faire des efforts et tenir bon. C'était important, et l'effort était valorisé.
Dans d'autres domaines, en revanche, la difficulté, l'erreur, voire l'échec pouvaient plus rapidement prendre le goût de la fin de l'expérience. Plutôt que de les considérer comme des étapes normales pour apprendre, comprendre, ajuster et recommencer autrement, je pouvais conclure que ce n'était tout simplement pas pour moi.
Je l'ai notamment vécu avec le piano. J'admirais une amie qui en jouait merveilleusement bien et j'ai voulu apprendre à mon tour. Lorsque les difficultés sont arrivées, je ne me suis pas dit : « Je suis en train d'apprendre. »
Je me suis sentie nulle. Et j'ai arrêté.
À côté de ces expériences qui me demandaient beaucoup d'efforts et pouvaient facilement me faire douter de moi, il y avait pourtant tout ce qui, au contraire, semblait venir naturellement.
J'adorais danser, faire du sport, rire, bouger, être avec les autres, monter sur scène. Tout cela était naturel, joyeux, facile.
J'aimais m'exprimer. J'aimais partager. J'aimais être vue.
Mais curieusement, ce qui venait facilement semblait avoir moins de valeur à mes yeux que ce qui demandait des efforts.
Et une autre question résonnait déjà :
« Mais qu'est-ce que vont penser les autres ? »
Ainsi ont longtemps coexisté en moi l'envie de prendre pleinement ma place et la peur d'en prendre trop.
Réussir… et pourtant ne pas se sentir à sa place
Cette recherche de ce qui était attendu de moi s'est aussi retrouvée dans mes études.
Sans réelle appétence ni facilité particulière pour les mathématiques ou les sciences, qui me demandaient beaucoup de travail et d'efforts, je me suis néanmoins dirigée vers un baccalauréat scientifique.
Je ne me souviens pas avoir véritablement vécu cette orientation comme un choix. Dans une famille où mes deux parents étaient ingénieurs et où les sciences étaient particulièrement valorisées, c'était simplement la direction qui me semblait être la bonne, celle que je pensais attendue de moi.
Puis mes études supérieures ont été une toute autre expérience.
J'y ai découvert des matières qui m'intéressaient réellement : le commerce, la communication, les langues vivantes, le monde de l'entreprise. Je me suis régalée. J'ai très bien réussi, jusqu'à être plusieurs fois major de promotion, avant d'obtenir, dès la fin de mes études, un très beau premier poste de cadre à Monte-Carlo.
J'en ai ressenti une véritable fierté et beaucoup d'espoir pour la suite. J'avais enfin découvert un univers qui m'intéressait et dans lequel je pouvais imaginer trouver ma place.
Et pourtant, quelque chose de l'ancien modèle restait encore présent : même fière de ce que j'avais accompli, une partie de moi continuait à penser que devenir ingénieur aurait été « encore mieux ».
Comme si ma propre réussite pouvait me réjouir sans suffire encore à me faire sentir pleinement accomplie sur une voie véritablement choisie.
Et lorsque j'ai commencé à travailler, une autre réalité est rapidement apparue :
j'avais réussi. Mais je ne me sentais toujours pas vraiment à ma place, comme si je devais porter un masque.
Ce que j'aimais réellement était beaucoup plus simple : aller à la rencontre des autres, échanger spontanément, partager avec enthousiasme, créer facilement du lien, prendre soin et me sentir utile.
Mais comment reconnaître comme de véritables talents ce qui me semblait si naturel ? Et comment savoir, à cette époque, que ce qui m’animait si spontanément disait déjà quelque chose de moi ?
Découvrir ce que signifie « être à sa place »
C'est dans la maternité que j'ai connu l'un de mes premiers grands sentiments d'être profondément à ma place.
À l'époque, pourtant, arrêter de travailler pour me consacrer à mes enfants ne m'est pas apparu comme un grand choix de vie mûrement réfléchi. Je ne trouvais pas vraiment ma place professionnellement, rien ne me semblait évident ni suffisamment passionnant, et cette possibilité s'est en quelque sorte présentée à moi.
J'avais aussi la chance de pouvoir la saisir : la situation professionnelle de mon mari nous permettait alors d'envisager que je me consacre pleinement à nos enfants et à leur éducation.
De l'extérieur, cela pouvait ressembler au choix le plus confortable ou le plus facile. Pour moi, il représentait néanmoins un véritable pas de côté par rapport au chemin que j'avais jusque-là imaginé devoir suivre. Je craignais notamment de décevoir mes parents après les études qu'ils m'avaient permis de faire et la réussite professionnelle qui semblait s'ouvrir devant moi.
Et c'est finalement en empruntant ce chemin que quelque chose d'inattendu s'est produit :
je me suis sentie à ma place.
Avec mes trois enfants, je me suis autorisée à me faire davantage confiance et à laisser plus de place à mon intuition.
Donner la vie, en prendre soin et accompagner mes enfants me donnait le sentiment de contribuer à quelque chose de profondément important.
Cela n'a pas toujours été facile, notamment lorsque nous avons appris que notre fille était en situation de handicap.
Mais j'ai découvert que lorsque quelque chose avait profondément du sens pour moi, je savais être persévérante. La difficulté ne signifiait plus nécessairement qu'il fallait arrêter.
Pendant près de dix ans, j'ai également accompagné bénévolement des mères avec La Leche League.
J'aimais échanger, partager, transmettre, rassurer.
J'aimais déjà profondément accompagner.
Devenir coach… et continuer à apprendre
Lorsque j'ai découvert le coaching en 2009, quelque chose a immédiatement résonné.
Je me suis formée, puis j'ai accompagné des personnes dans différents contextes professionnels. Plus tard, j'ai ressenti le besoin d'approfondir encore ma pratique, mais aussi, je peux le reconnaître aujourd'hui, d'acquérir davantage de crédibilité et de légitimité.
Avec toujours, quelque part, cette ancienne question :
« Suis-je suffisamment compétente pour me sentir pleinement légitime dans mon rôle de coach ? »
Certains de mes anciens réflexes sont encore présents.
Je peux douter lorsque quelque chose ne fonctionne pas comme je l'espérais, avoir envie de tout arrêter, chercher la reconnaissance ou craindre de prendre trop de place.
Avec le temps, j'ai aussi appris à regarder ce qui pouvait se cacher derrière certains de ces réflexes. Derrière mon besoin d'être entendue, reconnue, de transmettre et parfois d'expliquer encore, j'ai découvert quelque chose de plus profond :
j'aime profondément la connexion.
J'aime ces moments où l'échange devient vivant, où chacun questionne, partage, découvre et s'enrichit de l'autre. Dans ces moments-là, je me sens pleinement vivante, inspirée et à ma place.
Mais j'apprends aussi à aimer profondément cette connexion aux autres sans avoir besoin qu’ils me confirment ma valeur.
Transformer les lieux, donner vie aux possibles
Cette joie de contribuer et de donner vie s’exprime aussi dans mes projets personnels de construction et de rénovation.
J’aime transformer un lieu, percevoir son potentiel, imaginer ce qu’il pourrait devenir et lui apporter ma touche. Le rendre beau, agréable, accueillant, vivant. J’aime cette impression d’y déposer un peu de magie et de voir une vision prendre forme dans la réalité.
Ce qui me réjouit, c’est aussi ce que l’on peut ressentir dans cet espace : le plaisir d’y être, la paix, la joie. Créer un lieu dans lequel on se sent bien et en sécurité compte profondément pour moi.
Je reconnais dans cette passion un écho à ce qui m’anime lorsque j’accompagne une personne : explorer les possibilités, ouvrir une nouvelle perspective et donner corps à ce qui l’enthousiasme, à partir de ses propres aspirations.
Transformer les lieux et accompagner les personnes sont ainsi deux expressions de ce que j’aime profondément : contribuer à davantage de beauté, de joie et de vie.
De l'ombre à la lumière de « qui je suis »
Avec le recul, je pourrais décrire une partie de mon chemin comme un passage progressif de l'ombre à la lumière de qui je suis.
Pendant longtemps, j'ai cherché à comprendre ce qu'il fallait faire, quelle était la bonne voie, ce que l'on attendait de moi. Comme si les autres savaient finalement mieux que moi ce qui était bon pour moi.
Puis une autre question a progressivement commencé à prendre davantage de place :
« Qu'est-ce qui est vraiment juste pour moi?»
Qu'est-ce qui m'anime ? Qu'est-ce qui me fait me sentir vivante et à ma place ?
Je découvre progressivement que je n'ai pas à devenir quelqu'un pour avoir de la valeur.
Je peux me tromper et recommencer. Demander de l'aide. Reconnaître comme des talents ce qui est naturel et fluide chez moi. Prendre soin de moi. Prendre ma place sans prendre celle des autres. Aimer être reconnue sans dépendre de cette reconnaissance.
Et cesser progressivement de demander au monde extérieur de me dire qui je suis.
Peut-être qu'entrer dans sa propre lumière commence aussi là :
cesser de chercher uniquement à l'extérieur la direction à suivre et apprendre à écouter ce qui, à l'intérieur, demande à être reconnu, choisi et incarné.
C'est aussi de ce chemin qu'est née Divine Presence
Divine Presence fait écho à ce que je découvre sur mon chemin : mes pensées, mes émotions et mes rôles évoluent, tandis qu’une présence demeure, en moi, capable d’observer ces changements.
« Divine » exprime l’émerveillement que cette présence m’inspire : ce qu’elle ouvre d’amour, d’intelligence et de vie, ce sentiment d’espace et de lien avec les autres.
Divine Presence n'est pas l'aboutissement d'un chemin où tout serait désormais résolu.
C'est une expérience que je continue à vivre.
Observer ce qui se passe en moi en gardant un oeil sur ma boussole intérieure !
Mon corps devient mon indicateur favori, mon allié : Il me renseigne, à chaque instant, sur l'état depuis lequel je filtre ce que je vis.
Détente, ouverture, espace, élan, pulsations, expansion… ou tension, pression, palpitations, contraction, fermeture : mes sensations sont autant d'informations qui me permettent de reconnaître mon état intérieur et de l'ajuster consciemment.
Reconnaître mes pensées, mes émotions, mes perceptions, mes interprétations et mes croyances sans les confondre avec qui je suis.
Choisir la manière dont je veux percevoir, interpréter et vivre ce qui se présente.
Imaginer d'autres possibles.
Puis les incarner, leur donner vie.
C'est cette expérience que je souhaite aujourd'hui partager à travers Divine Presence.
Une invitation à revenir à soi.
À retrouver cette présence qui précède les performances, les rôles, les comparaisons et le regard des autres.
Et à retrouver notre pouvoir là où il se trouve réellement : non pas dans le contrôle du monde extérieur, mais dans notre capacité à observer, choisir, imaginer et incarner.
Ta réalité émane de toi.
Non parce que tu contrôles tout ce qui t'arrive.
Mais parce que tu peux choisir la manière dont tu veux vivre ce qui se présente à toi.
